https://doi.org/10.21697/wsp.2026.1.06
Cet article explore la tension fondamentale entre l’affirmation de l’indi- vidu et la persistance des normes communautaires dans le Burkina Faso contemporain. Face aux pressions de la mondialisation et aux héritages postcoloniaux, les sociétés burkinabè sont le théâtre d’une négociation permanente entre les aspirations à l’autonomie personnelle et les devoirs collectifs structurants. En s’appuyant sur un cadre théorique qui mobi- lise la sociologie (l’anthropologie), la philosophie sociale et la doctrine sociale de l’Église, nous analysons cette dialectique au-delà d’une simple opposition entre tradition et modernité. La méthodologie repose sur une analyse documentaire qualitative d’un corpus de sources académiques, religieuses et médiatiques. L’analyse se déploie en trois temps: l’examen des piliers du devoir communautaire (structures traditionnelles, sagesse collective et populaire, religions, héritage politique sankariste), l’étude des vecteurs d’aspiration individuelle (éducation, urbanisation, entrepreneuriat) et l’identification des zones de tension (conflits générationnels, religieux, économiques). La conclusion principale est que cette tension se cristallise autour de la concurrence entre deux « économies morales »: l’une, com- munautaire et redistributive; l’autre, individualiste et accumulative. Loin d’une victoire de l’individualisme, on observe une recomposition des formes de solidarité, où les individus en quête d’autonomie et de sens trouvent dans de nouveaux cadres, souvent religieux, des manières innovantes d’articuler le soi et le collectif.
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